APECE (1750-1850)

Séance du 19 mars 2016

APECE : séance du 19 mars 2016

 

(Sorbonne, escalier C, 2e étage, salle Marc Bloch, 14 h 30)

 

 

 

 

 

Le Petit Marronnage en milieu urbain en Martinique durant la période du Consulat et de l’Empire (1803-1807)

 

 

par Lionel Trani

(Professeur certifié en Histoire-Géographie et Education Morale et Civique / Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne/ I.H.R.F-I.H.M.C)

 

 

La communication sera centrée sur les aspects encore peu développés du phénomène de marronnage urbain en Martinique de 1803 à 1807.

Après la restitution de la Martinique à la France consulaire par la Paix d’Amiens (1802), la colonie fait figure d’exception tant par l’occupation britannique de l’île entre 1793 et 1802 que par la conservation de la société esclavagiste d’Ancien Régime. Pourtant, les habitants notables de la colonie restent inquiets concernant ce retour français. De plus, les troubles provoqués par la Révolution française depuis 1789 ainsi que la situation sociale et politique de Saint-Domingue ont fragilisé les sociétés coloniales.

Les esclaves constituent près de 80% de la population de la Martinique. L’économie sucrière domine les cultures coloniales tandis que le commerce est centré sur la ville de Saint-Pierre. Les conditions de vie des populations serviles sont très rudes dans les campagnes et les espaces urbains développés comme Saint-Pierre, Fort-Royal ou Trinité. Ils sont soumis à une forte violence physique et psychologique dans le but de les faire produire davantage. De plus, les rumeurs de complots d’esclaves, d’empoisonnement et les différents troubles sur les plantations favorisent la « psychose coloniale » au sein des planteurs. Le phénomène des fuites d’esclaves est présent dans toutes les sociétés pratiquant l’esclavage. En Martinique, la vision des administrateurs et des colons est souvent très alarmiste sur ce phénomène. Le maintien de l’ordre colonial va être au cœur de la politique française de 1802-1809. L’étude de ce phénomène nous a amené à nous intéresser au marronnage urbain. L’étude des annonces de marronnage dans la Gazette de la Martinique a permis de retracer une micro-histoire de ces femmes et hommes durant cette période. Le marronnage urbain est tout l’opposé du « grand marronnage », ces individus veulent se reconstruire en restant intégrés à la société coloniale. L’étude des populations marginalisées dans les colonies offrent une meilleure analyse des circulations à l’intérieur des espaces coloniaux et des stratégies de contournement de la société esclavagiste comme celle des esclaves marrons dans l’espace urbain.

 



02/03/2016

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