APECE (1750-1850)

Séance du 22 avril 2017

APECE : séance du 22 avril 2017

 

(Sorbonne, escalier C, 2e étage, salle Marc Bloch, 14 h 30)

 

 

Trois témoignages de survivants sur les massacres de 1804 en Haïti

 

 

par Vincent Cousseau

 

(Université de Limoges)

 

 

Au terme de presque deux années de conflits, le 29 novembre 1803 quelques navires français quittent le Cap. Ils emmènent avec eux l’état-major de Rochambeau et les débris du corps expéditionnaire arrivé en février 1802 sous le commandement de Leclerc. L’expédition Leclerc, envoyée à Saint-Domingue pour reprendre le contrôle de la colonie en février 1802, s’achève de façon aussi calamiteuse qu’elle a commencé. Elle n’aurait contribué qu’à accroître les souffrances et à semer la désolation en engloutissant des moyens considérables en pure perte. Depuis 1791 Saint-Domingue connaît une succession d’événements dramatiques de grande ampleur et de revirements militaires et politiques majeurs. Certains colons ou Européens quittent l’île, ruinés ou simplement inquiets de la tournure que pourraient prendre les événements sous la domination de l’armée Indigène commandée par l’implacable Dessalines. Mais pour beaucoup d’autres, cette évacuation finale n’est qu’un épisode de plus, qui a le mérite de débarrasser l’île d’une armée dominée par quelques officiers prédateurs. Après les souffrances endurées par des mois de privation, un siège rigoureux et le blocus implacable de la Royal Navy, le quotidien promet de s’améliorer. La vie, espèrent les Blancs restés sur place, va enfin pouvoir reprendre son cours à l’abri des opérations militaires bien que sous l’égide des vainqueurs de l’armée Indigène. Des milliers de Français font ainsi le choix de rester dans l’île de Saint-Domingue qui devient l’État d’Haïti.

Mais dans la déclaration d’indépendance du 1er janvier 1804 le chef Dessalines prononce d’inquiétantes paroles, appelant à la vengeance contre tous les responsables des exactions des dernières années. Dans les mois qui suivent, les violences éclatent partout dans l’île : du département du Sud au Nord en passant par l’Ouest, des massacres de grande ampleur s’exercent contre les « Blancs français », rendus collectivement responsables des crimes de la période coloniale. Trois Français restés sur place racontent des récits méconnus de ce choix de rester dans l’île : Norbert Thoret tailleur au Cap, Jean Decout médecin aux Cayes et Pierre Chazotte négociant à Jérémie. Après avoir sauvé leur vie dans des conditions rocambolesques, ils ont témoigné chacun de leur expérience personnelle de la disparition des Français d’Haïti.



05/04/2017

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