APECE (1750-1850)

Séance du 10 février 2018

APECE : séance du 10 février 2018

 

 

(Sorbonne, escalier C, 2e étage, salle Marc Bloch, 14 h 30)

 

 

 

 

 

 

Le retour de la France aux côtes occidentales d’Afrique sous le Consulat :

la campagne de la corvette l’Impatient de Rochefort

au service de la traite des Noirs

 

 

par Éric Saugera

 

 

 

 

Après l’interruption de la navigation au long cours pendant les guerres de la Révolution, la signature de la paix d’Amiens avec l’Angleterre conjuguée au rétablissement de l’esclavage en mai 1802 permirent au commerce français métropolitain de réarmer vers les côtes occidentales et orientales de l’Afrique : à l’exception notable de La Rochelle, et de quelques ports de second plan comme Vannes, de Dunkerque à Marseille, tous les ports français qui avaient pratiqué la traite au XVIIIe siècle, reprirent du service. Pour stimuler la relance négrière, les négociants français, qui savaient le gouvernement consulaire acquis à leur cause, demandèrent la réapplication des incitations financières à la traite en vigueur sous l’Ancien Régime, à savoir prime par tonneau de jauge et prime par tête de Noir débarqué dans une colonie française. Avant de pouvoir exaucer cette demande, le gouvernement, conscient qu’il devait agir en faveur de sa marine marchande aux côtes d’Afrique, fit partir, le 21 septembre 1802, de son port-arsenal de Rochefort la corvette l’Impatient, pour Saint-Louis du Sénégal. Dans ses instructions le ministre de la Marine et des Colonies Decrès assignait au capitaine de l’Impatient, le lieutenant de vaisseau Arnous-Dessaulsays, une quadruple mission : prendre des fonds à Cadix et les remettre au comptable du Trésor de Saint-Louis ; transporter le nouveau gouverneur du Sénégal, le chef de brigade Blanchot de Verly, en remplacement du commandant Laserre dont la gestion à Saint-Louis avait provoqué l’expulsion ; participer à la reddition de Gorée que les Anglais devaient rendre à la France comme cela avait été convenu au traité d’Amiens ; mener une navigation de surveillance et de reconnaissance des côtes d’Afrique de Gorée au cap Formose, à l’ouest du delta du Niger, dans le golfe de Guinée, de visite des forts et comptoirs français délaissés depuis 1794, et de reprise de contact avec les souverains locaux dans la perspective de réactiver les affaires : achat de captifs, poivre, ivoire, gomme, huile de palme, etc. Pour « faciliter ses communications », écrit-il au ministre, le préfet maritime fit charger l’Impatient de marchandises de traite prélevées aux Magasins des Colonies et de la Marine de Rochefort, qui reprenait là son ancien rôle de port des colonies. La corvette de l’État fit plus que communiquer, en janvier 1803, elle chargea à Amokou, l’un des deux seuls comptoirs français sur la Côte d’Or avec Ouidah, une cargaison de 223 captifs…



25/01/2018

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