APECE (1750-1850)

Séance du 14 novembre 2015 (Séance annulée)

APECE : séance du 14 novembre 2015 (Sorbonne, escalier C, 2e étage, salle Marc Bloch, 14h30)

 

 

 

Séance annulée

 

 

 

Maîtres et esclaves caféiers : un groupe social à part ?

Nouvelle approche de l’histoire sociale martiniquaise des XVIIIe et XIXe siècles

 

Par Marie Hardy (Université des Antilles)

 

 

L’historiographie antillaise n’a donné jusqu’ici qu’une vision tronquée de la société martiniquaise. Les travaux scientifiques portant sur l’ère coloniale se sont très tôt autocentrés sur l’économie plantationnaire sucrière à moteur externe, mais cette dernière n’a guère occupée plus de la moitié de la population de l’île au XVIIIe et dans la première moitié du XIXe siècle. Pour une grande majorité, la masse laborieuse libre ou esclave se répartit entre les villes et les exploitations de type « secondaire ». À mesure de l’appréhension de l’univers caféier, un monde à part se profile, divergent de l’élite sucrière qui apparaissait jusqu’ici comme le modèle représentatif de la population blanche propriétaire terrienne. Un groupe intermédiaire est mis en place révélant des habitants caféiers économiquement faibles, au mode de vie difficile, présentant des comportements matrimoniaux endogames aussi bien spatialement que socialement.

Cette analyse met en relief un corps social pluriel dans lequel les femmes, les libres de couleur, et avec l’abolition de l’esclavage les nouveaux libres tiennent une place de choix. De l’autre côté de la barrière, les esclaves ont eux aussi un profil particulier, ils évoluent au sein de petites unités de plantation sur lesquelles les marges de manœuvre sont plus larges qu’au sein des grandes habitations des plaines cannières. Ce travail a l’avantage de combler un important vide historiographique en matière d’histoire sociale de la Martinique, ainsi que de renouveler le concept de société d’habitation à travers la mise en perspective d’une catégorie sociale jusque-là restée inaperçue.

 

*****

 

Marie Hardy a soutenu une thèse de doctorat consacrée au Monde du café à la Martinique du début du XVIIIe siècle aux années 1860. Cette thèse a reçu le prix Maryse Condé 2014 attribué par le Comité national pour l’histoire et la mémoire de l’esclavage (CNMHE). Elle sera publiée en 2016 par les Presses Universitaires de Rennes.



27/10/2015

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