APECE (1750-1850)

Séance du 20 avril 2013

APECE : séance du 20 avril 2013 (Sorbonne, escalier C, 2e étage, salle Marc Bloch, 14h30) 

 

Communication de Solène Brisseau

 

Les Bretons de Saint-Domingue au 18e siècle 

  

            Quels sont les Français qui partent à Saint-Domingue pour participer à la colonisation ? Pourquoi, comment partent-ils ? Qu’est-ce qui les poussent à entreprendre un tel voyage, à s’éloigner de leur famille ? Comment vivent-ils dans la « Perle des Antilles » ? Ces questions, essentielles pour comprendre l’histoire de la colonisation et les mentalités coloniales, n’ont pas fini d’être traitées : G. Debien et J. De Cauna ont étudié les Aquitains, Basques, Nantais, Charentais et autres Angevins mais d’autres régions françaises méritent une telle étude. Le travail présenté ici s’intéresse aux Bretons originaires des quatre départements actuels de la Bretagne. Cette étude n’avait jamais été faite ce qui peut paraître surprenant eu égard à la situation géographique de la Bretagne, son ouverture maritime et son implication dans la colonisation d’autres territoires comme les Mascareignes.

Les recherches effectuées dans de nombreux dépôts d’archives ont fait apparaître que la Bretagne n’est certes pas la région qui a fourni les contingents les plus nombreux, mais les Bretons sont présents à Saint-Domingue et des personnes très connues dans l’histoire de cette île en sont originaires : Caradeux, Rohan, Le Goff de Beauregard, Ducatel, Hamon de Vaujoyeux, Guillaudeux … Les recherches ont permis de mettre à jour quelques spécificités de cette colonisation bretonne : des départs plus nombreux au début du 18e siècle qu’à la fin, en comparaison avec les autres Français, et la surreprésentation des nobles.

Pour le reste, les Bretons de Saint-Domingue sont semblables aux colons originaires d’autres régions françaises. Ils partent pour gagner de l’argent, la plupart du temps parce qu’une connaissance leur fait espérer travail et gain d’argent, voire une fortune rapide. Cet aspect de la mentalité coloniale est très vite apparu dans les documents étudiés. En effet, ces documents étant surtout des papiers privés (actes notariés, testaments, mémoires, correspondances), permettent de découvrir la vie quotidienne des colons, de comprendre ce qui les poussent à partir, ce qu’ils recherchent dans la colonie et surtout comment ils y vivent. Les comportements coloniaux sont l’objet d’études peu nombreuses ou anciennes. Les recherches récentes se sont plus orientées à juste titre vers les esclaves et le système de l’économie coloniale, notamment sa cellule de base, l’habitation. Pourtant, l’étude de la vie quotidienne, des mentalités, des réseaux de sociabilité, des cultures coloniales apporte un autre regard sur l’histoire de la colonisation et l’histoire de l’immigration coloniale.

 L’étude présentée suit la trace des colons bretons pendant la période révolutionnaire. Pour certains, les méandres de leur histoire sont connus, pour d’autres, il n’y a que quelques indications. Enfin, deux d’entre eux ont laissé un mémoire exprimant leurs pensées sur les évènements.

            L’intervention, illustrée de lettres et témoignages, s’intéressera donc à la vie des colons bretons de Saint-Domingue au 18e siècle.

 



08/04/2013

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